MERCI Olivier…

🚔🇫🇷 Courrier reçu pour la patronne…Merci à M. Olivier Marchal pour son soutien en ces temps difficiles et ces quelques lignes qui collent tellement au quotidien des forces de l’ordre ! ❤

« Suicide des flics …

Je sais pas pourquoi, mais ce soir, j’ai envie de t’écrire MAGGY. Même si tu ne liras jamais ces lignes.
J’ai envie de t’écrire pour qu’on ne t’oublie pas.
Parce que les hasards de mon métier d’acteur m’ont fait rencontrer tes parents et ton frère il y a quelques jours dans un coin des Ardennes où je tournais la saison 2 des Rivières Pourpres. C’était sous la pluie. Il y avait ces gens. Si tristes. Qui assistaient de loin au tournage. Et un petit gars de la régie qui s’appelle NASSIM est venu me chercher. Il m’a dit, « tu peux venir Olivier, il y a la famille de MAGGY qui est là, ils voudraient te remercier pour la lettre que tu as écrite à son sujet ». J’ai évidemment abandonné le plateau pour aller les voir. Et j’ai rencontré le chagrin. Le vrai. Celui que j’avais oublié depuis que j’ai quitté ce putain de métier de flic. Un père aux yeux remplis de larmes. Avec une vraie tête de papa. De gentil papa. Dont la vie s’est arrêtée sur le claquement sourd d’une balle de 38. Une maman au visage gris. Délavé par la souffrance. Avec une vraie tête de maman. Et un frère dévasté. Partagé entre les larmes et la colère.
Je n’ai pu rester que peu de temps avec eux. Quelques minutes où je n’ai pu que leur dire que je comprenais leur douleur et que j’étais et resterai avec eux. Que mes mots n’étaient rien à côté de leur souffrance.
Le papa m’a serré la main de tout son amour. J’ai embrassé la maman comme si c’était la mienne. Et j’ai salué le frangin en lui donnant mon numéro de téléphone.

Une famille modeste. Une famille de gens biens. Une famille qui ne méritait pas la mort de l’une des leurs. Surtout pas comme ça. Le reste de la journée s’est écoulée. Dérisoire fiction en plein cœur du chagrin des autres. De ces personnes si touchantes qui étaient restées sous la pluie en n’osant venir interrompre mon travail. J’aurais aimé les garder avec moi plus longtemps. Leur parler de mes deux potes flics qui s’étaient flingués eux aussi. De mon formateur au stage de sélection du RAID, Christian « KIKI » CARON, abattu par un forcené alors qu’il ne lui restait plus qu’une journée à faire dans ce service d’élite avant de partir en pré retraite. De DEDE, qui bossait avec moi à la nuit, et qui faisait six heures de train aller retour par jour pour s’occuper de sa femme atteinte d’un cancer généralisé. Un DEDE auquel l’administration refusait la mutation en province et qui était obligé de faire le maçon au noir en plus de son métier de flic pour subvenir aux besoins de sa famille. Un mec en or. Auquel il arrivait même de me remonter le moral, à moi, petit trouduc de flic, quand les nuits étaient trop dures.
Mon pote MONS, que j’avais surpris en train de chialer comme un môme dans un bureau, plein d’alcool et de chagrin, parce que son salaire ne lui permettait pas de se payer les billets pour aller voir ses mômes partis avec la mère en Angleterre. Un autre qui avait mis des rideaux aux vitres de sa bagnole pour pouvoir y dormir faute de logement.
Tous des bons flics. Comme toi, MAGGY. Et comme tant d’autres…

Alors quand j’assiste à cette mascarade politique, à ces JT au service d’une démagogie déplacée orchestrée par toute cette nouvelle race « d’experts en tout » qui se permettent de chier sur les flics et de donner des leçons sur leurs comportement en criant aux violences policières excessives, j’ai honte et je pense à toi, MAGGY. Et à tous les flics de France qui doivent supporter toute cette médiocrité et les avis de tous ces cloportes qui seront certainement les premiers à venir vous embrasser quand la haine aura décimé nos rues et nos enfants. Comme dans la chanson de Renaud.

Un flic, ça s’embrasse que dans les chansons, de toute façon…

Le reste du temps, ça se fait insulter, cracher dessus, critiquer et balayer par certains chroniqueurs et internautes aigris, jaloux et revanchards. Et ça continue à pleurer en cachette. En attendant d’avoir la force, le courage ou le désespoir d’appuyer un soir de trop sur la queue de détente qui fait « boum dans les oreilles » comme le dit Roger SARTET dans « Le Clan des Siciliens ».

Ce soir là est malheureusement arrivé, MAGGY.
Y’avait pas de caméras. Pas de projecteurs.
Juste une jeune femme meurtrie par la connerie, l’indifférence et la méchanceté des autres.
Avec une vraie cartouche dans le canon.
Et du vrai sang par terre…

Et aujourd’hui des vraies larmes pour ceux qui t’ont aimée.
Je le sais. Je les ai rencontrés…

Repose en paix.
Loin de ceux qui t’ont poussée à faire ce geste.
Près de l’amour des tiens…

Je t’embrasse…

Olivier Marchal »