La banalité…

Banalité : Caractère de ce qui est ordinaire voire insignifiant…

Le mercredi 01 mars 2017, deux de mes frères d’armes ont une énième fois payé au prix fort le fruit de cette consternante banalité.

Le premier est un fonctionnaire de Police de la BAC de Béziers.

Le terme de «banalité» est amplement mérité en ce qui concerne son histoire puisque ce collègue, attaqué violemment en intervention, a ajouté son nom mercredi à la longue liste de blessés dans nos rangs.

Quand je dis «longue» c’est qu’il est question de plus de 12 000 blessés chaque année.

Au départ de cette affaire, un banal contrôle. Une routine pour les fonctionnaires de BAC. Il s’agit d’un trafic de stupéfiant en flagrant délit. La suite bien qu’intolérable, devient par la force des choses un peu trop ordinaire de nos jours. L’individu contrôlé, au volant de sa voiture, a tout «simplement» décidé de charger les collègues qui lui faisaient face. Gêné dans sa progression par le véhicule de la BAC, le chauffard n’a pas hésité à reculer puis avancer à plusieurs reprises, écrasant volontairement le banal «POLICIER» qui se trouvait sur son passage.

Comment-est-il possible que nous soyons devenus si futiles aux yeux d’une partie de la population ?

Bien qu’elle soit minoritaire pour l’instant, elle cause tant de dégâts dans notre société par ses actions concrètes et/ou confortées dans l’accueil positif qu’elles reçoivent de part leur simple approbation.

Eléments de réponse ?

– Nous sommes « insignifiants » parce que même notre chef de l’État ne vient pas à notre chevet quand nous sommes blessés (VIRY-CHATILLON n’en est qu’un exemple).

– Quand LA POLICE est sortie dans la rue, ces derniers mois, pour signifier à nos dirigeants et à la France entière que ces fléaux, connus de tous, étaient en train de tuer notre métier ( manque de reconnaissance, la politique du chiffre, la banalisation des violences envers les policiers… ). Nous n‘étions pas encore au bout de notre supplice…

En préambule, je vous parlais de «prix fort»:

Je pensais tristement à la mort tragique du deuxième collègue dont il est question dans ce texte. Jérôme avait 40 ans. Il était père de famille et Gardien de la Paix au commissariat de Gap. Le même jour que l’intervention de ses collègues de Béziers, il s’est suicidé d’une balle dans la tête…

Quelle terrible journée !! Pour lui aussi, désolante banalité, son nom est venu s’ajouter à la longue liste des suicides dans nos rangs chaque année.

Oui, pour nous, les jours se suivent et se ressemblent par le lot de malheurs qu’ils déposent à nos pieds….

Pour Jérôme…

L’administration s’est empressée de déclarer officiellement que son suicide était lié à des problèmes d’ordre privé.

Seulement, Jérôme avait adressé une dizaine de lettres à destination de la presse et de ses proches avant son dernier geste. Il y concède que ses tourments étaient liés à des difficultés personnelles mais également à l’exercice de son métier si cher à son cœur, qui était devenu insupportable par le lot de souffrances que celui-ci lui imposait.

Le syndrome du burn-out se caractérise par un état d’épuisement général, à la fois psychique, émotionnel et mental. Alors chers collègues de Béziers, de GAP et d’ailleurs.

Vous avez chacun mille arguments pour aider votre médecin à faire ce diagnostic. Il vous suffira cependant de lui expliquer, le plus sincèrement du monde, l’affligeante banalité dans laquelle sont entrés ces deux faits divers de mercredi, pour qu’il vous signe un arrêt sans complaisance aucune.

Notre association est très attachée à l’amélioration de nos conditions de travail et à la reconnaissance de notre métier. Nous rappelons à nos dirigeants que nous avons élaboré un « livre blanc » du malaise policier et que nous sommes toujours disposés à leur exposer son contenu…