Il y a deux ans… et nous sommes toujours Charlie.

Il y a deux ans notre pays connaissait une vague de violences terroristes qui frappait chacun de nous dans ce que nous avons de plus cher. Notre mode de vie, nos libertés, nos vies et notre démocratie.

Chacun d’entre nous a payé le prix de ces tragédies par la peur qu’elles ont suscitée. Dès lors, chacun a pris conscience que nous devions faire face à cette menace permanente.

Des journalistes armés de simples crayons, menacés de longue date, ont été sauvagement assassinés. Avec eux deux policiers ont également perdu la vie. L’un d’eux assumait la protection de Charlie Hebdo et le second venait courageusement à leur secours.

Et pourtant on peut se demander si toutes ces vies auraient pu être épargnées? Alors que Charlie Hebdo était menacé par DAESH, pourquoi la sécurité rapprochée de toute une rédaction était réduite a un seul policier : Franck ?

Le dispositif de sécurité était-il suffisamment conséquent ? N‘aurait-il pas été plus judicieux de mettre en place toute une équipe de policiers dotés de moyens plus adaptés, équipe qui aurait peut-être été capable de neutraliser les deux terroristes? Et ainsi sauver la vie dc notre collègue Ahmed abattu comme un chien sur la voie publique.

On peut également se demander si nos services de renseignements et de lutte anti-terroriste disposaient des moyens suffisants pour permettre l’arrestation de ces assassins avant passage à l’acte. Peut-on rêver alors que Clarissa n’aurait pas eu a croiser leur chemin…

Au nom de qui ou de quoi certains prennent-ils les décisions d’alléger des protections rapprochées ou décident de ne pas optimiser la logistique des organes stratégiques de sécurité, afin d ‘en assurer la pleine efficacité et de garantir la sécurité de tous ?

Là aussi, on peut légitimement se demander comment de telles décisions, aux conséquences aussi graves, puissent être prises. Alors on pourra s’entendre dire que Charlie Hebdo n’était plus menace depuis un moment et que les services dc l’anti-terrorisme avaient été renforcés à hauteur des budgets alloués.

C‘est bien la pourtant la triste réalité, les contraintes budgétaires. C‘est bien parce qu’il faut faire des économies que la sécurité de Charlie Hebdo a été allégée et c’est bien parce qu’il faut faire des économies que les individus signalés dangereux ne sont plus mis sous surveillance.

Comme si la patience et le dormant n’étaient pas un mode opératoire connu de DAESH. Menaces non renouvelées ou

visibilité réduite sont des excuses routes trouvées pour faire des économies.

Au même titre que justifier que les brigades de police-secours ne soient pas équipées comme les BACS au motif que seules ces dernières interviendront sur les tueries de masses, on décide en haut lieu qui doit vivre ou mourir.

Pour Franck, Ahmed et Clarissa, nous ne pouvons que penser à eux et honorer leur mémoire, mais pour tant d’autres, nous pouvons encore changer les choses.